L’électrosensibilité, une maladie méconnue

Électrosensible ? Quésaco ? De plus en plus de personnes souffrent des rayons électromagnétiques émis par les appareils électroniques de la vie quotidienne (smartphone, ordinateur etc…). Alors que cette maladie reste relativement inconnue, des personnes militent pour qu’elle soit prise en compte auprès des instances publiques.

Qu’est-ce que l’électrosensibilité ?

La sensibilité électromagnétique (ou électro-sensibilité, voir électro-hypersensibilité) est une pathologie dont les causes évoquées sont les champs ou les ondes électromagnétiques. Les symptômes causés par cette maladie sont reconnus comme réels, par l’OMS notamment, mais pour l’instant il n’existe aucun lien de causalité avec l’exposition aux champs et ondes électromagnétiques qui puisse être prouvé. On ne peut donc pas qualifier la sensibilité électromagnétique de maladie à l’heure actuelle. Pourtant, la liste de leurs symptômes est longue : maux de tête, douleurs articulaires et musculaires, insomnies, acouphènes, troubles de la vision, perte de mémoire, nausées, dépression… Dans les cas les plus sévères, les personnes sont tellement affectées qu’elles s’isolent, doivent quitter leur travail et changent leur mode de vie, alors que d’autres personnes rapportent des symptômes moins sévères qui entraînent un évitement de certaines sources de champs électromagnétiques. Concernant le pourcentage de la population touchée par ce qui semble être une maladie, des études datant du début des années 2000 font état de 5 % de la population en Suisse, 1,5 % en Suède, 4 % en Grande-Bretagne, 3,5 % en Autriche… La France se situerait dans cette fourchette, selon les associations « anti-ondes », qui avancent le pourcentage de 3 %, mais aucune évaluation officielle n’a été réalisée. L’électrohypersensibilité est reconnue comme un handicap en Suède, de même que dans plusieurs Etats américains (Colorado, Connecticut, Floride). Elle est traitée en tant que maladie en Angleterre ou en Allemagne. La France ne la reconnaît pas comme tel, même si récemment un patient a été indemnisé de plusieurs milliers d’euros par la Maison départementale des personnes handicapées de l’Essonne, afin de couvrir ses dépenses dans le but d’isoler son habitation des champs électromagnétiques.

 

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Des études datant du début des années 2000 font état de 5 % de la population en Suisse touchée, 1,5 % en Suède, 4 % en Grande-Bretagne, 3,5 % en Autriche…

Comment lutter contre cette forme de plus en plus répendue ?

La première étape consiste tout d’abord par l’établissement d’un diagnostic différentiel afin de vérifier l’absence d’une autre pathologie médicale pouvant expliquer les symptômes. Par la suite, à partir de l’identification des conditions médicales, psychosociales et environnementales de la personne électrosensible, une prise en charge individualisée est recommandée. De nombreuses techniques thérapeutiques ont fait l’objet de publications et parmi celles-ci, les thérapies cognitivo-comportementales s’avèrent relativement efficaces. Plus le pronostic est réalisé de bonne heure meilleurs sont les chances du patient d’avoir un traitement efficace.

 

La ville de Zurich expérimente une habitation spécialement pour électrosensibles

Achevé en décembre 2013, ce premier immeuble anti-allergène d’Europe a coûté 6 millions de francs suisses (4,9 millions d’euros). La ville a fourni un terrain de 1 200 mètres carrés et une aide financière. Afin de les protéger des ondes électromagnétiques, des barres en fibre de verre ont été posées à la place des armatures métalliques habituellement utilisées. A l’entrée de chaque appartement, un sas est prévu pour se débarrasser de vêtements trop odorants et chaque pièce est équipée d’un système de purification de l’air. Pour l’instant, les résultats semblent être positifs, les locataires faisant les louanges d’un endroit qui leur aide à retrouver un semblant de vie sociale. Des études sont menés pour ouvrir construire des habitations similaires, notamment en Côte d’Azur. Peut être que des dispositions seront prises au sein des entreprises afin de prendre en compte l’électrosensibilité.