Quand l’imprimante 3D sauve des vies

Créée en 1983, l’imprimante 3D ne cesse de nous étonner depuis. Les domaines d’applications sont nombreux : mode & déco, culinaire, industrie de pointe… Récemment, le domaine médical, intéressé depuis longtemps par les possibilités offertes par la machine, vient de créer un petit exploit en poussant son utilisation jusqu’à la création d’organes !

Applications à la santé actuelle

Comment en est-on arrivé là ? L’imagerie médicale permet aujourd’hui d’obtenir une image en trois dimensions de l’ensemble des organes, notamment grâce au scanner, à l’échographie et à l’IRM. Ces images, enregistrées sous forme de données numériques peuvent ensuite être utilisées pour programmer une imprimante 3D. Cette dernière aligne, l’une après l’autre, des couches de divers matériaux pour fabriquer un objet qui correspond à l’image numérique de départ. Pour fabriquer une maquette d’organe ou de tissu, différents types de plastique peuvent être utilisés: il suffit alors de choisir la zone à reproduire, les matériaux et même leur couleur pour mieux identifier les différentes parties: os sain, os endommagé, vaisseaux sanguins… Les premières applications dans le domaine de la santé concernent donc la fabrication de dispositifs médicaux ou de prothèses sur mesure. L’année dernière, un implant en dérivé de polyéther a permis de remplacer 75 % du crâne d’un patient américain. Une réplique en 3D de la mâchoire d’un patient qui devait subir la pose de plusieurs implants dentaires, une autre d’un os du palais le palatin à la forme particulièrement complexe, et même un moulage grandeur nature de l’articulation d’un genou de gorille atteint d’arthrose ont été réalisés depuis…

 

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De plus en plus de scientifiques s’intéressent à la « bio-impression » car cette nouvelle technologie pourrait répondre à de très importants besoins médicaux en permettant de fabriquer à la demande des tissus humains.

Les perspectives

De plus en plus de scientifiques s’intéressent à la « bio-impression » car cette nouvelle technologie pourrait répondre à de très importants besoins médicaux en permettant de fabriquer à la demande des tissus humains. Les premières expériences d’impression de cellules datent déjà de dix ans. A l’époque, des scientifiques avaient bricolés des imprimantes jet d’encre de bureau (l’encre étant remplacée par des cellules et le papier par un support de culture cellulaire). Concernant les applications, les recherches menées au niveau international concernent principalement la peau ou encore le tissu osseux. Du point de vue industriel, la fabrication de tissus biologiques sur mesure devrait permettre à l’industrie pharmaceutique de disposer de modèles d’étude plus représentatifs. Cependant, concernant les applications cliniques, imprimer des organes tels que le cœur ou le rein reste aujourd’hui du domaine du rêve en raison de leur complexité. L’adoption par les consommateurs va prendre du temps aussi. L’usage par les entreprises et les applications médicales pour la création de prothèses et d’implants auront le plus gros impact dans 2 à 5 ans.Par contre, on peut envisager les premiers essais cliniques d’ici moins de dix ans pour des tissus plus simples tels que la cornée, la peau ou l’os. Des sociétés françaises sont déjà lancées dans la course, avec notamment la société Osseomatrix, basée à Évry, qui développe actuellement des implants conçus comme des échafaudages à cellules osseuses à base de diverses céramiques de synthèse. Les premiers essais sur l’homme étant prévus en 2015.